Comment un homme adulé, porté aux nues il y a à peine six mois, peut-il se transformer en monstre sanguinaire, ennemi des Arabes? Au mois d'août dernier, le Libanais Hassan Nasrallah était l'idole des foules à Belcourt et à Oued- Koreiche. Pour les fanas de la marche arrière, il avait réussi à ramener le Liban là où il devait être : au même niveau que tous les autres.C'est tout de même intolérable qu'un pays arabe veuille vivre mieux et avec plus de libertés que tous ses autres voisins. Nasrallah était donc le champion rêvé pour accomplir la plus possible des missions : tirer tout ce beau monde vers le bas. Seulement, il en a trop fait, le Nasrallah ; et allumer un vaste feu à Beyrouth ne suffit pas à dissimuler les préparatifs d’incendie des pyromanes de Téhéran. De plus, il n'a pas tenu compte des risques d'affrontements entre sunnites et chiites et il y en a eu malheureusement. Le plus ultra des religieux chiites a fait vibrer la corde sunnite, déjà bien tendue depuis le simulacre d'exécution de Saddam. Depuis, le chiite arrogant et lançant des défis à Israël a chuté dans les sondages de quartiers. La rue arabe lui tourne ostensiblement le dos. Tous les supporters de football qui clamaient son nom reviennent à nouveau vers nos chères vedettes aux jambes lourdes. Le verdict populaire est tombé : le chiisme ne passera pas, et surtout pas dans nos écoles. Pour faire place nette et laisser le champ libre au fondamentalisme wahhabite, les quelques trublions qui se piquaient de chiisme on été interdits de redoubler. Seuls les bons enseignants, nourris de "salafisme" pur et dur, pourront désormais imprégner nos chers petits de la substantifique moelle. Celle qui empêche durablement l'érection des neurones et la fébrilité des cortex. Pour assurer le succès de cette entreprise et lui conférer un cachet authentiquement algérien, les responsables de nos déboires éducatifs ont encore innové : les cours de la matinée et de l'après-midi seront désormais ponctués par une séance de lever des couleurs. De quoi donner une indigestion de nationalisme à nos chérubins qui auront ainsi tout le loisir de disséquer le politique du religieux.
Une fois la question du nationalisme évacuée, si j'ose dire, dans le cadre des programmes éducatifs, il faudra penser à l'avenir. Réfléchir à la question de l'emblème national et de ses composantes. Pas question de recourir au drapeau saoudien, déjà propriété exclusive et inaliénable du FIS et de ses avortons, élus au suffrage universel. Il faudrait peut-être réfléchir à une solution intermédiaire : garder les couleurs actuelles défraîchies par une exposition trop longue aux intempéries et leur ajouter quelque chose. Je vois bien une épée turque, façon janissaire avec une inscription sur le plat proclamant la résurrection du califat ottoman qui fit régner la lumière et la prospérité dans ses harems. On pourra y ajouter une inscription à la gloire de Dieu, comme le fit cet opportuniste de Saddam. On pourra alors célébrer sans honte le culte du "dirigeant martyr" que prônent tous les journalistes nostalgiques des largesses proverbiales du Raïs (1). Sur ces entrefaites, les théologiens les plus en vue du sunnisme et du chiisme se sont réunis à Doha, capitale du Qatar, autre nom du porte-avion américain stationné dans le Golfe. Selon ses initiateurs, dont le cheikh Karadhaoui, pacifiste de fraîche conversion, il s'agissait d'établir un dialogue durable entre les deux grandes familles de l'Islam. Il y a eu dialogue, en effet, mais du genre qu'échangent des guerriers sur le champ de bataille. Heureusement que tout ce beau monde avait été fouillé à l'entrée, sinon la conférence aurait viré au massacre. L'empoignade verbale a été particulièrement virulente, comme le rapportent les médias. Doha n'a pas accueilli des hommes de religion mais des émissaires de leurs pouvoirs respectifs, dûment mandatés pour empêcher l'impossible entente.
La conférence de Doha a ainsi tourné à la lutte d'influence de deux courants négationnistes. Le premier, sunnite wahhabite, qui ne voit dans le monde musulman qu'un troupeau de fidèles asservis à la ligne "salafiste". Le second, chiite, qui réfute toute autre doctrine "kharédjite", hors la ligne dirigeante des duodécimains. Tout ceci sur fond de tueries et de massacres en Irak. Résultat : la conférence de Doha a accentué les dissensions au lieu de les réduire. Ceux qui sont tentés de voir derrière cet échec les mains réunies de la CIA et du Mossad n'ont pas entièrement tort. Si de telles joutes (2) avaient été préparées et animées, en sous-main, par les deux services secrets, le résultat n'aurait pas été aussi probant. Encore une fois, Bush a des raisons de ne pas désespérer des Arabes. Ils se comportent exactement, conformément aux plans américains. Car, au final, l'objectif de Bush et de l'Amérique n'est pas d'instaurer la démocratie dans le monde arabe. "C'est trop bien pour ces gens-là", doit-il se dire in petto. Et puis, connaissez-vous un meilleur endroit pour y déverser les surplus de la civilisation industrielle ? C'est là le discours que Bush tient en filigrane aux Arabes lorsqu'il s'adresse à ses concitoyens. Les Anglais, ses alliés, eux qui se prennent pour la première démocratie du monde et pensent avoir réglé le problème du communautarisme sont en passe de déchanter. Leurs efforts pour intégrer les musulmans de Grande-Bretagne sont en train d'aller vers l'échec. L'année dernière, les autorités avaient déjà tiré la sonnette d'alarme en reprochant aux imams du royaume de ne pas faire d'efforts suffisants pour enrayer le terrorisme islamiste. Ce qui, en clair, signifiait que les hommes du culte encourageaient tacitement ou activement le terrorisme à défaut de le combattre. Le magazine Elaph s'est fait, par ailleurs, l'écho d'un incident qui a eu lieu en début de cette année et qui pourrait avoir un effet boule de neige. Comme on le sait, les responsables de la police londonienne essaient d'intégrer des femmes policières dans leurs effectifs. Dans le souci de séduire, ces messieurs avaient même été jusqu'à proposer aux futurs "conscrits" une "tenue islamique", conforme au nouveau dogme. Le chef de la police pensait avoir donc réglé un épineux problème lorsqu'il s'est rendu récemment dans une école de police pour présider la sortie d'une promotion féminine. Le directeur de l'école l'a informé toutefois d'un casse-tête de dernière minute. L'unique élève musulmane de la promotion refusait de se plier à la poignée de main traditionnelle, par conviction religieuse. De plus, elle ne voulait pas figurer aux côtés du responsable pour la non moins traditionnelle photo souvenir. Des collègues de la policière ont expliqué qu'elle croyait à son premier devoir qui est de défendre la loi mais en cas de choix, elle opterait pour ses devoirs religieux. Ce qui fait dire à notre confrère qu'il va être bien difficile pour cette jeune fille de faire son travail de policière. "Comment réagira-t-elle si elle est en face d'un homme pris d'un malaise cardiaque et qu'elle est obligée de lui faire un bouche-à-bouche ? Est-ce qu'elle se déshabillera et se jettera à l'eau pour sauver un homme de la noyade comme on le lui a enseigné ?", interroge-t-il. Il ne faudra pas s'étonner que les Britanniques se méfient des ces musulmans qui veulent bien des avantages sociaux de la citoyenneté mais qui refusent de se mouiller. A. H.(1) Notre amie Raja Benslama s'est étonnée de la propension des Arabes à vouer un culte à leurs tyrans les plus sanguinaires. Comme tous les psychologues amateurs, je suis tenté de chercher des origines arabes au masochisme. (2) Je ne sais pas pourquoi mais de telles réunions me font penser au poème tragicomique de Nicolas Boileau sur la "Bataille du lutrin" qui met en scène des curés de l'autre bord.Ahmed Alli Le soir d'Algérie http://www.lesoirdalgerie.com/articles/2007/01/29/article.php?sid=48876&cid=8
lundi 29 janvier 2007
lundi 15 janvier 2007
Leurs gentils et nos méchants
Il paraît que c'est un commerçant de Tunis qui a permis de mettre en échec les projets d'attentat contre plusieurs bâtiments de la capitale. Cet épicier avait remarqué, en effet, que l'un de ses clients s'était brusquement mis à acheter une quantité inhabituelle de pains. Ses achats quotidiens dépassaient, de loin, les besoins d'une famille. En bon citoyen, soucieux de la stabilité de son pays, il avait informé la police de ce comportement intrigant. C'est ainsi qu'un projet terroriste de grande ampleur a été éventé.C'est sans doute à partir de ce détail que la presse locale a tout de suite désigné la piste algérienne. Tout le monde sait que nous sommes de grands mangeurs de pain.
C'est d'une logique irréfutable et je suis tenté de souscrire pleinement à cette hypothèse tant il est vrai que l'intégrisme ignore les frontières qu'il n'a pas tracées lui-même. Seulement, je trouve que nos frères tunisiens sont par trop imprévisibles et partiaux dans ce domaine. Ils donnent l'impression de suivre les mouvements et les sautes d'humeur de leurs dirigeants bien aimés et même adulés. Au début de l'année, journalistes, syndicalistes et semi-officiels clamaient publiquement leur douleur devant l'exécution de Saddam Hussein. Dans une belle unanimité nationale, suivant un axe s'étendant de Londres à Tunis en passant par Al-Qaïda, la dénonciation a été unanime. Islamistes et républicains islamisants ont fustigé à voix haute la cruauté et l'esprit de vengeance des dirigeants chiites irakiens. On était en face de l'entente retrouvée, au détriment du Maghreb des Etats, alliés contre le terrorisme. Il n'était donc pas question de briser cette belle fraternité en accusant injustement les islamistes tunisiens d'avoir fomenté un complot terroriste. D'ailleurs, ni Londres ni Doha n'ont revendiqué ou approuvé ces actes de violence. Le péril ne pouvait venir que d'ailleurs et c'est d'ailleurs qu'il est venu. Il était hors de propos de stigmatiser les gentils islamistes tunisiens alors que la méchanceté et la cruauté ont une adresse: l'Algérie. Les intégristes tunisiens sont des pacifistes convaincus, contrairement à ces enragés d'Algériens qui ne rêvent que de fleuves de sang. On vous expliquera, ensuite et sur un ton docte, que la Tunisie, autant que le Maroc, n'est pas l'Algérie.
Les Tunisiens sont d'ardents patriotes qui appellent la police au moindre pain suspect. Tandis que les Algériens… tous suspects ! Voyez comment ils traitent leurs assassins de retour des maquis ! Observez la façon dont s'opère la réinsertion des terroristes comme si le pays était retourné aux premières années de l'indépendance ! On raconte même que le chef "repenti", Anouar Haddam, reprendrait des activités publiques. A l'occasion, il pourrait être convié à distribuer des bonbons aux orphelins et aux futurs orphelins de la police. On pense même au siège du Commissariat central d'Alger pour abriter de telles cérémonies du pardon. N'importe quoi ! Ils sont décidément incorrigibles ces Tunisiens ! Ils feraient mieux de s'occuper de la santé de leur président, au lieu de spéculer sur l'avenir du nôtre. Comme s'ils ignoraient que, chez nous, les chefs pensent d'abord à se succéder à eux-mêmes. Ensuite, voyez le roi de France, Louis XIV ! Il y a plusieurs façons de rentrer dans l'histoire et, donc, plusieurs manières de l'écrire. Lorsqu'il s'agit de raconter l'histoire dans les manuels scolaires, les pédagogues font parfois fi de la vérité historique, comme en Egypte. La semaine dernière, j'avais évoqué la façon dont Al- Azhar avait validé une thèse de doctorat vouée à l'excommunication rétroactive. L'argument spécieux mais irréfragable du jury était que la thèse s'appuyait sur une vérité essentielle : l'histoire de l'Egypte a commencé avec l'Islam, à l'exclusion de tout ce qui est antérieur. Il y a quelques jours, l'historienne égyptienne Samah Fawzi a confirmé l'existence de ces absurdités, jusque dans les ouvrages scolaires. Dans le manuel d'histoire d'une classe du primaire, Samah Fawzi relève de quelle manière la mosquée est transformée de lieu de culte, sujet de respect et de dévotion, en terrain de mobilisation et de préparatifs guerriers. La mosquée, peut-on lire, “c'est l'école où les musulmans apprennent tout ce qui concerne leur religion et leur vie terrestre… le lieu où se rassemblent les soldats de Dieu avant de lancer une opération grandiose. C'est, enfin, le monument qui marque la distinction entre la société musulmans et les autres”. La guerre de 1973, par exemple, est présentée, par ailleurs, comme un combat entre juifs et musulmans. La leçon d'histoire exclut, de fait, la participation des coptes d'Egypte et occulte leur existence. “Voici les fortifications de la ligne Bar-Lev. Dieu nous a donné la victoire sur les juifs comme il l'a donnée au Prophète (QSSL) sur les juifs à Médine. Il a fait s'écrouler leurs fortifications sur leurs têtes.” La guerre est donc une guerre religieuse et c'est ce que l'enfant doit apprendre dans ce livre, observe Samah Fawzi. Comme il est spécifié en marge de la leçon, l'objectif est d'enseigner “l'honneur de subir le martyre au service de Dieu” et de mettre en garde contre “la traîtrise et la fourberie des juifs”, hier et aujourd'hui. “C'est ainsi, note l'historienne, que la victoire d'Octobre 1973 est présentée comme une victoire des musulmans sur les juifs. Où est le rôle de nos compatriotes coptes ? Pourquoi traitons- nous toutes choses sous l'angle de la religion. La réalité, les institutions et même l'histoire sont désormais considérées avec un regard religieux. Pourquoi le manuel d'histoire occulte-t-il les éléments arabes et chrétiens dans le conflit avec Israël ? Veut-on laisser entendre aux chrétiens arabes que cette patrie n'est pas la leur, que cette histoire n'est pas la leur et que cet avenir ne leur appartient pas ? Ce qui aura pour effet d'accentuer l'exode des chrétiens vers les pays occidentaux. Avec le temps, la sphère arabe perdra sa pluralité religieuse et la tolérance y disparaîtra. Le rejet de l'autre amènera les musulmans de différents rites à s'entretuer.” “Ces quelques exemples, souligne encore Samah Fawzi, montrent que l'information et l'enseignement recèlent en leur sein des tendances alimentées par les courants de l'islam politique. Ces tendances ne reflètent pas la nature et le fond de la société égyptienne diverse et plurielle. Aussi, ne faut-il pas éluder la responsabilité du gouvernement dans la persistance de telles absurdités. Ce sont ses institutions qui produisent, propagent et consomment ces avatars." Pour mieux mesurer l'ampleur du mal, il faut sans doute méditer cette initiative qui nous vient de Syrie. La Syrie qui serait, à en croire les opposants à Bechar Al- Assad, sur le point de succomber aux charmes du chiisme, sous la férule alaouite. Cela se passe à l'université de Damas. Une commission sur l'écriture de l'histoire s'est donné pour mission de réécrire l'histoire des Arabes avec une approche plus saine et plus réaliste. Selon le promoteur du projet, un certain Abdelkarim Ali, “il ne s'agit pas de réécrire l'histoire pour la modifier. Il s'agit simplement de procéder à la relecture de l'histoire dans ses aspects les plus positifs et dans l'intérêt de la société”. Alors soyons positifs ! Attendons, sans trop d'impatience, le chapitre sur la dynastie des Assad, sans oublier aussi, bien sûr, celui de la présence syrienne au Liban.
Ahmed Alli "Le soir d'Algérie"http://www.lesoirdalgerie.com/articles/2007/01/15/article.php?sid=48238&cid=8
C'est d'une logique irréfutable et je suis tenté de souscrire pleinement à cette hypothèse tant il est vrai que l'intégrisme ignore les frontières qu'il n'a pas tracées lui-même. Seulement, je trouve que nos frères tunisiens sont par trop imprévisibles et partiaux dans ce domaine. Ils donnent l'impression de suivre les mouvements et les sautes d'humeur de leurs dirigeants bien aimés et même adulés. Au début de l'année, journalistes, syndicalistes et semi-officiels clamaient publiquement leur douleur devant l'exécution de Saddam Hussein. Dans une belle unanimité nationale, suivant un axe s'étendant de Londres à Tunis en passant par Al-Qaïda, la dénonciation a été unanime. Islamistes et républicains islamisants ont fustigé à voix haute la cruauté et l'esprit de vengeance des dirigeants chiites irakiens. On était en face de l'entente retrouvée, au détriment du Maghreb des Etats, alliés contre le terrorisme. Il n'était donc pas question de briser cette belle fraternité en accusant injustement les islamistes tunisiens d'avoir fomenté un complot terroriste. D'ailleurs, ni Londres ni Doha n'ont revendiqué ou approuvé ces actes de violence. Le péril ne pouvait venir que d'ailleurs et c'est d'ailleurs qu'il est venu. Il était hors de propos de stigmatiser les gentils islamistes tunisiens alors que la méchanceté et la cruauté ont une adresse: l'Algérie. Les intégristes tunisiens sont des pacifistes convaincus, contrairement à ces enragés d'Algériens qui ne rêvent que de fleuves de sang. On vous expliquera, ensuite et sur un ton docte, que la Tunisie, autant que le Maroc, n'est pas l'Algérie.
Les Tunisiens sont d'ardents patriotes qui appellent la police au moindre pain suspect. Tandis que les Algériens… tous suspects ! Voyez comment ils traitent leurs assassins de retour des maquis ! Observez la façon dont s'opère la réinsertion des terroristes comme si le pays était retourné aux premières années de l'indépendance ! On raconte même que le chef "repenti", Anouar Haddam, reprendrait des activités publiques. A l'occasion, il pourrait être convié à distribuer des bonbons aux orphelins et aux futurs orphelins de la police. On pense même au siège du Commissariat central d'Alger pour abriter de telles cérémonies du pardon. N'importe quoi ! Ils sont décidément incorrigibles ces Tunisiens ! Ils feraient mieux de s'occuper de la santé de leur président, au lieu de spéculer sur l'avenir du nôtre. Comme s'ils ignoraient que, chez nous, les chefs pensent d'abord à se succéder à eux-mêmes. Ensuite, voyez le roi de France, Louis XIV ! Il y a plusieurs façons de rentrer dans l'histoire et, donc, plusieurs manières de l'écrire. Lorsqu'il s'agit de raconter l'histoire dans les manuels scolaires, les pédagogues font parfois fi de la vérité historique, comme en Egypte. La semaine dernière, j'avais évoqué la façon dont Al- Azhar avait validé une thèse de doctorat vouée à l'excommunication rétroactive. L'argument spécieux mais irréfragable du jury était que la thèse s'appuyait sur une vérité essentielle : l'histoire de l'Egypte a commencé avec l'Islam, à l'exclusion de tout ce qui est antérieur. Il y a quelques jours, l'historienne égyptienne Samah Fawzi a confirmé l'existence de ces absurdités, jusque dans les ouvrages scolaires. Dans le manuel d'histoire d'une classe du primaire, Samah Fawzi relève de quelle manière la mosquée est transformée de lieu de culte, sujet de respect et de dévotion, en terrain de mobilisation et de préparatifs guerriers. La mosquée, peut-on lire, “c'est l'école où les musulmans apprennent tout ce qui concerne leur religion et leur vie terrestre… le lieu où se rassemblent les soldats de Dieu avant de lancer une opération grandiose. C'est, enfin, le monument qui marque la distinction entre la société musulmans et les autres”. La guerre de 1973, par exemple, est présentée, par ailleurs, comme un combat entre juifs et musulmans. La leçon d'histoire exclut, de fait, la participation des coptes d'Egypte et occulte leur existence. “Voici les fortifications de la ligne Bar-Lev. Dieu nous a donné la victoire sur les juifs comme il l'a donnée au Prophète (QSSL) sur les juifs à Médine. Il a fait s'écrouler leurs fortifications sur leurs têtes.” La guerre est donc une guerre religieuse et c'est ce que l'enfant doit apprendre dans ce livre, observe Samah Fawzi. Comme il est spécifié en marge de la leçon, l'objectif est d'enseigner “l'honneur de subir le martyre au service de Dieu” et de mettre en garde contre “la traîtrise et la fourberie des juifs”, hier et aujourd'hui. “C'est ainsi, note l'historienne, que la victoire d'Octobre 1973 est présentée comme une victoire des musulmans sur les juifs. Où est le rôle de nos compatriotes coptes ? Pourquoi traitons- nous toutes choses sous l'angle de la religion. La réalité, les institutions et même l'histoire sont désormais considérées avec un regard religieux. Pourquoi le manuel d'histoire occulte-t-il les éléments arabes et chrétiens dans le conflit avec Israël ? Veut-on laisser entendre aux chrétiens arabes que cette patrie n'est pas la leur, que cette histoire n'est pas la leur et que cet avenir ne leur appartient pas ? Ce qui aura pour effet d'accentuer l'exode des chrétiens vers les pays occidentaux. Avec le temps, la sphère arabe perdra sa pluralité religieuse et la tolérance y disparaîtra. Le rejet de l'autre amènera les musulmans de différents rites à s'entretuer.” “Ces quelques exemples, souligne encore Samah Fawzi, montrent que l'information et l'enseignement recèlent en leur sein des tendances alimentées par les courants de l'islam politique. Ces tendances ne reflètent pas la nature et le fond de la société égyptienne diverse et plurielle. Aussi, ne faut-il pas éluder la responsabilité du gouvernement dans la persistance de telles absurdités. Ce sont ses institutions qui produisent, propagent et consomment ces avatars." Pour mieux mesurer l'ampleur du mal, il faut sans doute méditer cette initiative qui nous vient de Syrie. La Syrie qui serait, à en croire les opposants à Bechar Al- Assad, sur le point de succomber aux charmes du chiisme, sous la férule alaouite. Cela se passe à l'université de Damas. Une commission sur l'écriture de l'histoire s'est donné pour mission de réécrire l'histoire des Arabes avec une approche plus saine et plus réaliste. Selon le promoteur du projet, un certain Abdelkarim Ali, “il ne s'agit pas de réécrire l'histoire pour la modifier. Il s'agit simplement de procéder à la relecture de l'histoire dans ses aspects les plus positifs et dans l'intérêt de la société”. Alors soyons positifs ! Attendons, sans trop d'impatience, le chapitre sur la dynastie des Assad, sans oublier aussi, bien sûr, celui de la présence syrienne au Liban.
Ahmed Alli "Le soir d'Algérie"http://www.lesoirdalgerie.com/articles/2007/01/15/article.php?sid=48238&cid=8
lundi 8 janvier 2007
"Nichan" et les voleurs de joies
S'il y a une blague à laquelle il faut décerner le titre de blague de l'année 2006 c'est bien celle-ci : des cohortes de défunts se présentent en bon ordre aux portes du paradis. La "Voix" d'en haut interroge l'ange préposé à l'ouverture des portes: "Qui sont ces gens-là ?" "C'est Jésus qui veut faire entrer son peuple au paradis", répond l'ange. "Laisse-les entrer!", commande la "Voix" d'en haut. Arrive ensuite une autre procession.La même question résonne, suivie de la réponse : "C'est Moïse et son peuple." Les portes s'ouvrent devant la deuxième procession. Juste après la fermeture des portes, une immense clameur surgit de loin. Des milliards d'individus avancent, dans un désordre et une cohue indescriptibles, en criant des slogans religieux. On se croirait au rituel de la lapidation du diable. Qu'est-ce que c'est que ce vacarme ? demande la "Voix" d'en haut. L'ange derrière son judas crie à pleine voix pour être entendu : "Ce sont les musulmans, le peuple de Mohamed qui veulent entrer au paradis à la suite de leur Prophète." Alors la voix d'en haut ordonne à l'ange : "Fais entrer Mohamed et referme les portes !" Il y a comme ça des petites histoires humoristiques sur la religion qui ont circulé, tout au long de l'année 2006, jusqu'aux abords des mosquées sans déclencher, pour autant, un tsunami de vertu outragée. Vous connaissez sans doute déjà celle qui mérite le second prix, mais je vous la raconte, pour ceux et celles qui n'ont plus d'oreille. "La chanteuse Cheikha Remiti monte au ciel et se dirige vers l'entrés du paradis, escortée par un chérubin aux anges devant cette distinction. En chemin, ils passent devant l'enfer où rôtissent des chanteurs et des artistes qui ont connu la gloire sur terre. Ces damnés sont scandalisés par le "régime de faveur" consenti à la diva du raï. Ils protestent : "Elle ne mérite pas plus le paradis que nous, sa place est en enfer." Hautaine et méprisante, la chanteuse jette à peine un coup d'œil aux pensionnaires de la géhenne et franchit, imperturbable, les portes du paradis. Le temps passe et, un jour, nos artistes à la jalousie incandescente voient venir vers eux Cheikha Remiti. "Dieu soit loué, s'écrie leur leader qui a amassé une fortune sur terre en faisant commerce de fausses notes et de chants dits patriotiques. Ils t'ont enfin démasquée et ils te renvoient parmi nous, là où tu aurais dû être depuis le début." La chanteuse dévisage avec mépris le chanteur à la voix de crécelle et réplique : "Je sais que tu brûles d'impatience de me voir à tes côtés mais je suis désolée de te décevoir. Je ne suis venue en enfer que pour faire chauffer mon tambourin." En troisième position, je classerais celle-ci, que je garantis, comme authentiquement algérienne, mais que nos voisins nous ont piquée, comme tout le reste d'ailleurs. "Un imam autoproclamé et à moitié analphabète se présente aux portes du paradis. Il s'aperçoit que les candidats au nirvana doivent subir un test de culture générale pour être admis parmi les bienheureux. Arrivé à proximité de "l'examinateur", il peut entendre distinctement les questions posées aux deux défunts qui sont devant lui ainsi que leurs réponses. "Qui a ouvert un passage dans la mer avec sa canne ? interroge l'ange. "C'est Sidna Moussa (Moïse), bien sûr, répond le premier. Le second est interrogé à la suite : "Qui a marché sur l'eau ?" et il répond du tac au tac : "Sidna Aïssa, voyons !" Notre imam se dit que les portes du paradis ne sont pas, décidément, si hermétiques que ça. Il avance à son tour et il écoute la question : "Qui parlait aux animaux ?" Et il répond, triomphant : "Trop facile, c'est Sidna Tarzan, évidemment !" C'est l'histoire que nos voisins marocains se sont appropriée, en remplaçant Tarzan par Mowgli. En publiant cette blague, avec d'autres plus sulfureuses, l'hebdomadaire arabophone Nichan (qui veut dire direct, tout droit) a découvert, à son tour, que les chemins de l'enfer sont pavés de bonnes intentions. Résultat : la revue a été suspendue sine die et tout ce que le Maroc recèle d'indignation contenue a déferlé sur les animateurs du périodique. Au départ, l'intention du journal était pertinente et louable : il s'agissait de montrer que le peuple musulman marocain savait rire de lui-même, de ses faux apôtres et de ses dirigeants déconsidérés. Malheureusement, le florilège contenait quelques "nouktas" assez croustillantes qui ont provoqué la mobilisation générale contre Nichan. L'hebdo croyait faire plaisir à ses lecteurs et les égayer pour finir l'année en beauté, mais les voleurs de joies étaient à l'affût. On a eu droit aussi à des plaisanteries de mauvais goût, comme celle que nous a offerte Al-Azhar pour clôturer 2006. Je ne parle pas des démonstrations de karaté organisées par les étudiants, Frères musulmans sur le campus. Il y a des phénomènes plus dangereux comme cette thèse de doctorat en théologie qui excommunie les vivants et surtout les morts. Une perspective qu'appréhendait Naguib Mahfouz avant sa mort : être déclaré apostat à titre posthume. Selon le quotidien koweïtien Al-Watan, cette thèse validée, bien sûr, par Al-Azhar, voue aux gémonies des journalistes et des écrivains célèbres. En tête des apostats, post mortem, figure la fondatrice de la revue Rose-al-Youssef, Fatma Al- Youssef. Son fils, le grand écrivain Ihsane Abd el - Qodous, est aussi dans la charrette, pour faire bonne mesure. L'auteur de la thèse, dont le nom n'est pas divulgué, condamne aussi Mahmoud Abbès Al-Akkad qui n'était pourtant pas un laïc intransigeant. Le célèbre journaliste et historien Hassanein Heykal est lui aussi excommunié de son vivant. La thèse excommunicatrice reproche entre autres à la revue Rose-al-Youssef de défendre la civilisation des pharaons, mécréants et idolâtres. Quant à la fondatrice du journal, elle a, en tant que femme, enfreint la Charia en sortant de chez elle pour aller travailler. Le pire dans tout cela, note Al-Watan, c'est que les membres du jury ont approuvé les idées énoncées sur la période pharaonique. Pour eux, l'histoire de l'Egypte a commencé avec l'Islam et tout ce qui lui est antérieur est caduc. On peut imaginer le mal que peut faire l'auteur de cette thèse, après avoir obtenu son doctorat et s'être ouvert les portes de l'enseignement. Revenons, enfin, sur la très mauvaise plaisanterie commise par l'alliance américano-irakienne qui a volé aux Arabes et aux musulmans une fête qu'ils ne sont pas près de récupérer. Je suis encore sous le coup de la stupeur et de l'horreur suscitées par le "spectacle" de l'exécution de Saddam. N'ayant jamais été un chaud sympathisant du dictateur irakien, j'ai été beaucoup plus troublé par la vue de cet homme et le mépris qu'il a affiché vis-à-vis de sa propre mort. Bien sûr, les grands militants de la cause arabe, dont j'observe les navrantes gesticulations, crieront au courage et à l'héroïsme. Pour ma part, je ne peux m'empêcher de penser qu'il a été exécuté, seulement, pour avoir tué 128 personnes alors que ses victimes se comptent par milliers. Bush et ses alliés irakiens se sont épargné les frais d'autres procès, mais ils ont enfoncé encore plus la graine de la colère et de la révolte dans l'humus arabe. Aujourd'hui, en Irak, il y a une guerre ouverte entre un chiisme revanchard et un sunnisme qui tire sa force de l'exaltation mystique de ses adeptes. Cette guerre entre deux intégrismes risque de durer longtemps. Et si l'un des deux camps l'emportait, il déclencherait ce choc frontal des civilisations, le seul rêve à deux que font Bush et Karadhaoui. Vous devinez aisément qui seront les vaincus de la confrontation.A. H.
S'il y a une blague à laquelle il faut décerner le titre de blague de l'année 2006 c'est bien celle-ci : des cohortes de défunts se présentent en bon ordre aux portes du paradis. La "Voix" d'en haut interroge l'ange préposé à l'ouverture des portes: "Qui sont ces gens-là ?" "C'est Jésus qui veut faire entrer son peuple au paradis", répond l'ange. "Laisse-les entrer!", commande la "Voix" d'en haut. Arrive ensuite une autre procession.La même question résonne, suivie de la réponse : "C'est Moïse et son peuple." Les portes s'ouvrent devant la deuxième procession. Juste après la fermeture des portes, une immense clameur surgit de loin. Des milliards d'individus avancent, dans un désordre et une cohue indescriptibles, en criant des slogans religieux. On se croirait au rituel de la lapidation du diable. Qu'est-ce que c'est que ce vacarme ? demande la "Voix" d'en haut. L'ange derrière son judas crie à pleine voix pour être entendu : "Ce sont les musulmans, le peuple de Mohamed qui veulent entrer au paradis à la suite de leur Prophète." Alors la voix d'en haut ordonne à l'ange : "Fais entrer Mohamed et referme les portes !" Il y a comme ça des petites histoires humoristiques sur la religion qui ont circulé, tout au long de l'année 2006, jusqu'aux abords des mosquées sans déclencher, pour autant, un tsunami de vertu outragée. Vous connaissez sans doute déjà celle qui mérite le second prix, mais je vous la raconte, pour ceux et celles qui n'ont plus d'oreille. "La chanteuse Cheikha Remiti monte au ciel et se dirige vers l'entrés du paradis, escortée par un chérubin aux anges devant cette distinction. En chemin, ils passent devant l'enfer où rôtissent des chanteurs et des artistes qui ont connu la gloire sur terre. Ces damnés sont scandalisés par le "régime de faveur" consenti à la diva du raï. Ils protestent : "Elle ne mérite pas plus le paradis que nous, sa place est en enfer." Hautaine et méprisante, la chanteuse jette à peine un coup d'œil aux pensionnaires de la géhenne et franchit, imperturbable, les portes du paradis. Le temps passe et, un jour, nos artistes à la jalousie incandescente voient venir vers eux Cheikha Remiti. "Dieu soit loué, s'écrie leur leader qui a amassé une fortune sur terre en faisant commerce de fausses notes et de chants dits patriotiques. Ils t'ont enfin démasquée et ils te renvoient parmi nous, là où tu aurais dû être depuis le début." La chanteuse dévisage avec mépris le chanteur à la voix de crécelle et réplique : "Je sais que tu brûles d'impatience de me voir à tes côtés mais je suis désolée de te décevoir. Je ne suis venue en enfer que pour faire chauffer mon tambourin." En troisième position, je classerais celle-ci, que je garantis, comme authentiquement algérienne, mais que nos voisins nous ont piquée, comme tout le reste d'ailleurs. "Un imam autoproclamé et à moitié analphabète se présente aux portes du paradis. Il s'aperçoit que les candidats au nirvana doivent subir un test de culture générale pour être admis parmi les bienheureux. Arrivé à proximité de "l'examinateur", il peut entendre distinctement les questions posées aux deux défunts qui sont devant lui ainsi que leurs réponses. "Qui a ouvert un passage dans la mer avec sa canne ? interroge l'ange. "C'est Sidna Moussa (Moïse), bien sûr, répond le premier. Le second est interrogé à la suite : "Qui a marché sur l'eau ?" et il répond du tac au tac : "Sidna Aïssa, voyons !" Notre imam se dit que les portes du paradis ne sont pas, décidément, si hermétiques que ça. Il avance à son tour et il écoute la question : "Qui parlait aux animaux ?" Et il répond, triomphant : "Trop facile, c'est Sidna Tarzan, évidemment !" C'est l'histoire que nos voisins marocains se sont appropriée, en remplaçant Tarzan par Mowgli. En publiant cette blague, avec d'autres plus sulfureuses, l'hebdomadaire arabophone Nichan (qui veut dire direct, tout droit) a découvert, à son tour, que les chemins de l'enfer sont pavés de bonnes intentions. Résultat : la revue a été suspendue sine die et tout ce que le Maroc recèle d'indignation contenue a déferlé sur les animateurs du périodique. Au départ, l'intention du journal était pertinente et louable : il s'agissait de montrer que le peuple musulman marocain savait rire de lui-même, de ses faux apôtres et de ses dirigeants déconsidérés. Malheureusement, le florilège contenait quelques "nouktas" assez croustillantes qui ont provoqué la mobilisation générale contre Nichan. L'hebdo croyait faire plaisir à ses lecteurs et les égayer pour finir l'année en beauté, mais les voleurs de joies étaient à l'affût. On a eu droit aussi à des plaisanteries de mauvais goût, comme celle que nous a offerte Al-Azhar pour clôturer 2006. Je ne parle pas des démonstrations de karaté organisées par les étudiants, Frères musulmans sur le campus. Il y a des phénomènes plus dangereux comme cette thèse de doctorat en théologie qui excommunie les vivants et surtout les morts. Une perspective qu'appréhendait Naguib Mahfouz avant sa mort : être déclaré apostat à titre posthume. Selon le quotidien koweïtien Al-Watan, cette thèse validée, bien sûr, par Al-Azhar, voue aux gémonies des journalistes et des écrivains célèbres. En tête des apostats, post mortem, figure la fondatrice de la revue Rose-al-Youssef, Fatma Al- Youssef. Son fils, le grand écrivain Ihsane Abd el - Qodous, est aussi dans la charrette, pour faire bonne mesure. L'auteur de la thèse, dont le nom n'est pas divulgué, condamne aussi Mahmoud Abbès Al-Akkad qui n'était pourtant pas un laïc intransigeant. Le célèbre journaliste et historien Hassanein Heykal est lui aussi excommunié de son vivant. La thèse excommunicatrice reproche entre autres à la revue Rose-al-Youssef de défendre la civilisation des pharaons, mécréants et idolâtres. Quant à la fondatrice du journal, elle a, en tant que femme, enfreint la Charia en sortant de chez elle pour aller travailler. Le pire dans tout cela, note Al-Watan, c'est que les membres du jury ont approuvé les idées énoncées sur la période pharaonique. Pour eux, l'histoire de l'Egypte a commencé avec l'Islam et tout ce qui lui est antérieur est caduc. On peut imaginer le mal que peut faire l'auteur de cette thèse, après avoir obtenu son doctorat et s'être ouvert les portes de l'enseignement. Revenons, enfin, sur la très mauvaise plaisanterie commise par l'alliance américano-irakienne qui a volé aux Arabes et aux musulmans une fête qu'ils ne sont pas près de récupérer. Je suis encore sous le coup de la stupeur et de l'horreur suscitées par le "spectacle" de l'exécution de Saddam. N'ayant jamais été un chaud sympathisant du dictateur irakien, j'ai été beaucoup plus troublé par la vue de cet homme et le mépris qu'il a affiché vis-à-vis de sa propre mort. Bien sûr, les grands militants de la cause arabe, dont j'observe les navrantes gesticulations, crieront au courage et à l'héroïsme. Pour ma part, je ne peux m'empêcher de penser qu'il a été exécuté, seulement, pour avoir tué 128 personnes alors que ses victimes se comptent par milliers. Bush et ses alliés irakiens se sont épargné les frais d'autres procès, mais ils ont enfoncé encore plus la graine de la colère et de la révolte dans l'humus arabe. Aujourd'hui, en Irak, il y a une guerre ouverte entre un chiisme revanchard et un sunnisme qui tire sa force de l'exaltation mystique de ses adeptes. Cette guerre entre deux intégrismes risque de durer longtemps. Et si l'un des deux camps l'emportait, il déclencherait ce choc frontal des civilisations, le seul rêve à deux que font Bush et Karadhaoui. Vous devinez aisément qui seront les vaincus de la confrontation.A. H.
Ahmed Alli" Le soir d'Algérie"http://www.lesoirdalgerie.com/articles/2007/01/08/article.php?sid=47926&cid=8
S'il y a une blague à laquelle il faut décerner le titre de blague de l'année 2006 c'est bien celle-ci : des cohortes de défunts se présentent en bon ordre aux portes du paradis. La "Voix" d'en haut interroge l'ange préposé à l'ouverture des portes: "Qui sont ces gens-là ?" "C'est Jésus qui veut faire entrer son peuple au paradis", répond l'ange. "Laisse-les entrer!", commande la "Voix" d'en haut. Arrive ensuite une autre procession.La même question résonne, suivie de la réponse : "C'est Moïse et son peuple." Les portes s'ouvrent devant la deuxième procession. Juste après la fermeture des portes, une immense clameur surgit de loin. Des milliards d'individus avancent, dans un désordre et une cohue indescriptibles, en criant des slogans religieux. On se croirait au rituel de la lapidation du diable. Qu'est-ce que c'est que ce vacarme ? demande la "Voix" d'en haut. L'ange derrière son judas crie à pleine voix pour être entendu : "Ce sont les musulmans, le peuple de Mohamed qui veulent entrer au paradis à la suite de leur Prophète." Alors la voix d'en haut ordonne à l'ange : "Fais entrer Mohamed et referme les portes !" Il y a comme ça des petites histoires humoristiques sur la religion qui ont circulé, tout au long de l'année 2006, jusqu'aux abords des mosquées sans déclencher, pour autant, un tsunami de vertu outragée. Vous connaissez sans doute déjà celle qui mérite le second prix, mais je vous la raconte, pour ceux et celles qui n'ont plus d'oreille. "La chanteuse Cheikha Remiti monte au ciel et se dirige vers l'entrés du paradis, escortée par un chérubin aux anges devant cette distinction. En chemin, ils passent devant l'enfer où rôtissent des chanteurs et des artistes qui ont connu la gloire sur terre. Ces damnés sont scandalisés par le "régime de faveur" consenti à la diva du raï. Ils protestent : "Elle ne mérite pas plus le paradis que nous, sa place est en enfer." Hautaine et méprisante, la chanteuse jette à peine un coup d'œil aux pensionnaires de la géhenne et franchit, imperturbable, les portes du paradis. Le temps passe et, un jour, nos artistes à la jalousie incandescente voient venir vers eux Cheikha Remiti. "Dieu soit loué, s'écrie leur leader qui a amassé une fortune sur terre en faisant commerce de fausses notes et de chants dits patriotiques. Ils t'ont enfin démasquée et ils te renvoient parmi nous, là où tu aurais dû être depuis le début." La chanteuse dévisage avec mépris le chanteur à la voix de crécelle et réplique : "Je sais que tu brûles d'impatience de me voir à tes côtés mais je suis désolée de te décevoir. Je ne suis venue en enfer que pour faire chauffer mon tambourin." En troisième position, je classerais celle-ci, que je garantis, comme authentiquement algérienne, mais que nos voisins nous ont piquée, comme tout le reste d'ailleurs. "Un imam autoproclamé et à moitié analphabète se présente aux portes du paradis. Il s'aperçoit que les candidats au nirvana doivent subir un test de culture générale pour être admis parmi les bienheureux. Arrivé à proximité de "l'examinateur", il peut entendre distinctement les questions posées aux deux défunts qui sont devant lui ainsi que leurs réponses. "Qui a ouvert un passage dans la mer avec sa canne ? interroge l'ange. "C'est Sidna Moussa (Moïse), bien sûr, répond le premier. Le second est interrogé à la suite : "Qui a marché sur l'eau ?" et il répond du tac au tac : "Sidna Aïssa, voyons !" Notre imam se dit que les portes du paradis ne sont pas, décidément, si hermétiques que ça. Il avance à son tour et il écoute la question : "Qui parlait aux animaux ?" Et il répond, triomphant : "Trop facile, c'est Sidna Tarzan, évidemment !" C'est l'histoire que nos voisins marocains se sont appropriée, en remplaçant Tarzan par Mowgli. En publiant cette blague, avec d'autres plus sulfureuses, l'hebdomadaire arabophone Nichan (qui veut dire direct, tout droit) a découvert, à son tour, que les chemins de l'enfer sont pavés de bonnes intentions. Résultat : la revue a été suspendue sine die et tout ce que le Maroc recèle d'indignation contenue a déferlé sur les animateurs du périodique. Au départ, l'intention du journal était pertinente et louable : il s'agissait de montrer que le peuple musulman marocain savait rire de lui-même, de ses faux apôtres et de ses dirigeants déconsidérés. Malheureusement, le florilège contenait quelques "nouktas" assez croustillantes qui ont provoqué la mobilisation générale contre Nichan. L'hebdo croyait faire plaisir à ses lecteurs et les égayer pour finir l'année en beauté, mais les voleurs de joies étaient à l'affût. On a eu droit aussi à des plaisanteries de mauvais goût, comme celle que nous a offerte Al-Azhar pour clôturer 2006. Je ne parle pas des démonstrations de karaté organisées par les étudiants, Frères musulmans sur le campus. Il y a des phénomènes plus dangereux comme cette thèse de doctorat en théologie qui excommunie les vivants et surtout les morts. Une perspective qu'appréhendait Naguib Mahfouz avant sa mort : être déclaré apostat à titre posthume. Selon le quotidien koweïtien Al-Watan, cette thèse validée, bien sûr, par Al-Azhar, voue aux gémonies des journalistes et des écrivains célèbres. En tête des apostats, post mortem, figure la fondatrice de la revue Rose-al-Youssef, Fatma Al- Youssef. Son fils, le grand écrivain Ihsane Abd el - Qodous, est aussi dans la charrette, pour faire bonne mesure. L'auteur de la thèse, dont le nom n'est pas divulgué, condamne aussi Mahmoud Abbès Al-Akkad qui n'était pourtant pas un laïc intransigeant. Le célèbre journaliste et historien Hassanein Heykal est lui aussi excommunié de son vivant. La thèse excommunicatrice reproche entre autres à la revue Rose-al-Youssef de défendre la civilisation des pharaons, mécréants et idolâtres. Quant à la fondatrice du journal, elle a, en tant que femme, enfreint la Charia en sortant de chez elle pour aller travailler. Le pire dans tout cela, note Al-Watan, c'est que les membres du jury ont approuvé les idées énoncées sur la période pharaonique. Pour eux, l'histoire de l'Egypte a commencé avec l'Islam et tout ce qui lui est antérieur est caduc. On peut imaginer le mal que peut faire l'auteur de cette thèse, après avoir obtenu son doctorat et s'être ouvert les portes de l'enseignement. Revenons, enfin, sur la très mauvaise plaisanterie commise par l'alliance américano-irakienne qui a volé aux Arabes et aux musulmans une fête qu'ils ne sont pas près de récupérer. Je suis encore sous le coup de la stupeur et de l'horreur suscitées par le "spectacle" de l'exécution de Saddam. N'ayant jamais été un chaud sympathisant du dictateur irakien, j'ai été beaucoup plus troublé par la vue de cet homme et le mépris qu'il a affiché vis-à-vis de sa propre mort. Bien sûr, les grands militants de la cause arabe, dont j'observe les navrantes gesticulations, crieront au courage et à l'héroïsme. Pour ma part, je ne peux m'empêcher de penser qu'il a été exécuté, seulement, pour avoir tué 128 personnes alors que ses victimes se comptent par milliers. Bush et ses alliés irakiens se sont épargné les frais d'autres procès, mais ils ont enfoncé encore plus la graine de la colère et de la révolte dans l'humus arabe. Aujourd'hui, en Irak, il y a une guerre ouverte entre un chiisme revanchard et un sunnisme qui tire sa force de l'exaltation mystique de ses adeptes. Cette guerre entre deux intégrismes risque de durer longtemps. Et si l'un des deux camps l'emportait, il déclencherait ce choc frontal des civilisations, le seul rêve à deux que font Bush et Karadhaoui. Vous devinez aisément qui seront les vaincus de la confrontation.A. H.
Ahmed Alli" Le soir d'Algérie"http://www.lesoirdalgerie.com/articles/2007/01/08/article.php?sid=47926&cid=8
La pantalonnade de Farouk Hosni
Farouk Hosni ne s'est pas rétracté et ne s'est pas excusé pour ses propos sur le voile. Il n'a pas, non plus, confirmé et répété ses propos. La hardiesse a ses limites, celles que bornent des théologiens et des dirigeants politiques qui affectionnent la prise en étau des libertés. Le ministre égyptien de la Culture n'a pas obtempéré aux injonctions des intégristes du Parlement en reniant ses déclarations.
Il s'est néanmoins excusé auprès de celles qui portent le hidjab et à qui il affirme vouer le plus profond respect. Samedi dernier, lors d'une réunion informelle avec des députés, Farouk Hosni s'est à nouveau excusé auprès des "moutahadjibate" et des "mouhadjabate" (1). Il a affirmé n'avoir aucune intention agressive envers ces territoires de défense passive. "Mes propos ont été mal interprétés, dit-il, et mon intention n'était pas de m'attaquer aux prescriptions religieuses". Des "précisions" qui s'adressaient sans doute aux Frères musulmans dont les représentants avaient boycotté la réunion. Ministre d'un pays où la marche arrière est une manœuvre de routine, Farouk Hosni est également revenu sur sa critique des "cheikhs à trois millièmes". Il ne visait que les charlatans et les marchands qui font fetwas de tout. Ses attaques n'étaient pas destinées aux "cheikhs" agréés. Ce qui est, bien sûr, le cas de 90% des "cheikhs à trois millièmes". Quant à démissionner, c'est hors de question. Farouk Hosni s'est dit "éreinté" par ses fonctions de ministre de la Culture mais il ne quittera pas l'attelage. Autrement dit : il ne lâchera pas le portefeuille. Ceci, en prélude à la séance de questions orales que le ministre devait subir hier au Parlement. Est-ce à dire que Farouk Hosni s'est livré à cette pantalonnade dans le seul but de s'attirer les sympathies des intellectuels et artistes égyptiens, très critiques à l'égard de sa gestion ? Si tel était son objectif, il aura amplement réussi au vu des réactions de ces milieux qui se sont mobilisés pour la défense de Farouk Hosni. C'est le toujours jeune Djamal Al-Bana (2) qui a pris la tête de cette contre-offensive. Dans un premier temps, il a brandi des arguments religieux pour répondre aux attaques de la coalition des intégristes et des opportunistes. Il a, ensuite, transposé le débat sur le plan politique avec une série d'articles dans lesquels il interpelle les parlementaires égyptiens. Dans le quotidien Al-Misri-alyoum ( L'Egyptien aujourd'hui), Djamal Al-Bana invite les députés à s'intéresser au scandale de la torture en Egypte, tel qu'il a été révélé récemment par ce quotidien. Il cite des exemples de tortures les plus sauvages pratiquées dans les locaux de la police égyptienne. "Voilà la véritable atteinte à la loi de Dieu et à la dignité du peuple d'Egypte, leur dit-il. Que faites-vous, élus du peuple, de ce peuple qui vous a confiés l'honneur de le représenter, de le défendre et de protéger sa dignité ? Qui dira sa colère pour la dignité du peuple offensé ? Qui criera à la face du Très Haut sa colère devant ce crime ignoble et cette agression contre la dignité commise par des gens qui ont pour tâche de la défendre et de combattre le crime ?" Toujours à l'adresse des députés, Djamal Al-Bana les exhorte à retrousser les manches et à débarrasser les rues du Caire de toutes les ordures qui les encombrent. "Ce sont ces immondices qui sont le véritable hidjab de l'Egypte et c'est sans doute pour cela que les députés du parti au pouvoir et des Frères musulmans ne protestent jamais." Et Djamal Al-Bana d'ajouter : "La femme qui croit que l'Islam c'est le hidjab et l'homme qui pense que la barbe c'est l'Islam portent tous deux atteinte à l'Islam. Ils font montre d'une très grande naïveté. Le port de la barbe était de mise à une époque ancienne ; la barbe de Karl Marx et de Darwin est la même que celle que l'on voit actuellement sur les chaînes satellitaires. Tous les hommes et toutes les femmes de l'univers recouvraient leurs têtes pour les protéger de la poussière, du vent ou de la pluie. C'est une question de mode vestimentaire et de climat et non pas une question de religion et de foi. Il n'y a pas dans le Coran un verset en rapport avec le vêtement en dehors de celui qui dit : "Qu'elles rabattent leurs voiles." Et c'est le verset qui fait référence au costume que portait la femme arabe dans la Djahilia. C'est-à-dire que ce n'est pas l'Islam qui l'a amené et qui l'a ordonné. Il était déjà là". De son côté, l'écrivain et scénariste Wahid Hamed rappelle que "lorsque le vicaire général des Frères musulmans avait dit "toz à l'Egypte et à ses habitants", personne n'a cillé. Que ce soit dans les rangs des frères ou à l'intérieur du Parlement qui a provoqué une tempête à cause des paroles d'un ministre qui est, par ailleurs, libre de dire ce qu'il veut. L'Egypte, ajoute-t-il, est aujourd'hui otage d'un scorpion, le parti national au pouvoir et d'une vipère, le mouvement des Frères musulmans. Toujours dans le même quotidien, notre confrère Ahmed Taha Nakr commence par cette anecdote : "Il y a une quarantaine d'années, il y avait dans notre village un voleur sympathique appelé Tarboucha. Il se considérait comme un homme de principes parce qu'il ne volait pas dans son propre village mais dans les contrées environnantes. Il opérait durant toute la nuit, au point qu'à l'appel de la prière de l'aube, il était le premier à entrer dans la mosquée. Et lorsque les villageois se moquaient de son attitude contradictoire, il leur répétait sa sempiternelle fetwa qui se résumait à ceci: accomplis l'obligation de la prière et fais ensuite ce que tu veux.". "Je me suis rappelé cette histoire en observant la religiosité ostentatoire que nous vivons et la "farce du hidjab" qui se joue dans notre honorable Parlement". "En fait, tous ces comportements sont une conséquence de l'offensive intégriste wahhabite sur l'Egypte", dit Ahmed Taha Nakr qui estime que l'affaire Hosni sert simplement d'écran de fumée à cette offensive. Pour lui, le ministre de la Culture a géré de façon catastrophique le patrimoine archéologique et culturel de l'Egypte. "Vient ensuite la "mère des catastrophes" lorsque le ministre de la Culture est revenu à son bureau non pas en hidjab mais avec un niqab. Elle sera de fait un tribunal de l'inquisition pour inspecter les esprits et les consciences. Elle constituera la première pierre angulaire dans la fondation de l'Etat islamique. Il ne restera plus alors qu'à constituer des groupes de "volontaires" qui bastonneront les jeunes filles pour les obliger à porter le niqab. C'est ainsi que le ministre qui n'aime pas le hidjab a adopté le niqab de son plein gré. Triste et sombre épilogue pour un ministre qui prétendait être un défenseur de la liberté". Alors, Farouk Hosni est-il le courageux ministre unanimement salué ou le prédateur que décrit notre confrère? A vous de juger ! A. H.
(1) Petite halte lexique : une "moutahadjiba", forme active, c'est quelqu'un qui croit que l'idée de porter le hidjab a germé dans sa tête et sans influences extérieures. Une "mouhadjaba", forme passive, croit, par contre, que le hidjab lui a été imposé pour son bien et que la soumission à Dieu passe par l'obéissance à l'homme.
(2) Djamal Al-Bana est le frère cadet de Hassan Al- Bana, fondateur du mouvement des Frères musulmans qui campe actuellement dans les allées du pouvoir en Egypte et ailleurs. C’est l’écrivain islamiste Fahmi Howeidi qui a dénoncé les faits dans un article publié par Al-Misri- Al-youm. Al-Ahram dont il est le chroniqueur attitré avait refusé de publier cet article. Cette dénonciation de la torture ne signifie pas forcément qu'il n'y a pas d'islamistes tortionnaires dans la police.
Ahmed Alli "Le soir d'Algérie "http://www.lesoirdalgerie.com/articles/2006/12/04/article.php?sid=46607&cid=8
Il s'est néanmoins excusé auprès de celles qui portent le hidjab et à qui il affirme vouer le plus profond respect. Samedi dernier, lors d'une réunion informelle avec des députés, Farouk Hosni s'est à nouveau excusé auprès des "moutahadjibate" et des "mouhadjabate" (1). Il a affirmé n'avoir aucune intention agressive envers ces territoires de défense passive. "Mes propos ont été mal interprétés, dit-il, et mon intention n'était pas de m'attaquer aux prescriptions religieuses". Des "précisions" qui s'adressaient sans doute aux Frères musulmans dont les représentants avaient boycotté la réunion. Ministre d'un pays où la marche arrière est une manœuvre de routine, Farouk Hosni est également revenu sur sa critique des "cheikhs à trois millièmes". Il ne visait que les charlatans et les marchands qui font fetwas de tout. Ses attaques n'étaient pas destinées aux "cheikhs" agréés. Ce qui est, bien sûr, le cas de 90% des "cheikhs à trois millièmes". Quant à démissionner, c'est hors de question. Farouk Hosni s'est dit "éreinté" par ses fonctions de ministre de la Culture mais il ne quittera pas l'attelage. Autrement dit : il ne lâchera pas le portefeuille. Ceci, en prélude à la séance de questions orales que le ministre devait subir hier au Parlement. Est-ce à dire que Farouk Hosni s'est livré à cette pantalonnade dans le seul but de s'attirer les sympathies des intellectuels et artistes égyptiens, très critiques à l'égard de sa gestion ? Si tel était son objectif, il aura amplement réussi au vu des réactions de ces milieux qui se sont mobilisés pour la défense de Farouk Hosni. C'est le toujours jeune Djamal Al-Bana (2) qui a pris la tête de cette contre-offensive. Dans un premier temps, il a brandi des arguments religieux pour répondre aux attaques de la coalition des intégristes et des opportunistes. Il a, ensuite, transposé le débat sur le plan politique avec une série d'articles dans lesquels il interpelle les parlementaires égyptiens. Dans le quotidien Al-Misri-alyoum ( L'Egyptien aujourd'hui), Djamal Al-Bana invite les députés à s'intéresser au scandale de la torture en Egypte, tel qu'il a été révélé récemment par ce quotidien. Il cite des exemples de tortures les plus sauvages pratiquées dans les locaux de la police égyptienne. "Voilà la véritable atteinte à la loi de Dieu et à la dignité du peuple d'Egypte, leur dit-il. Que faites-vous, élus du peuple, de ce peuple qui vous a confiés l'honneur de le représenter, de le défendre et de protéger sa dignité ? Qui dira sa colère pour la dignité du peuple offensé ? Qui criera à la face du Très Haut sa colère devant ce crime ignoble et cette agression contre la dignité commise par des gens qui ont pour tâche de la défendre et de combattre le crime ?" Toujours à l'adresse des députés, Djamal Al-Bana les exhorte à retrousser les manches et à débarrasser les rues du Caire de toutes les ordures qui les encombrent. "Ce sont ces immondices qui sont le véritable hidjab de l'Egypte et c'est sans doute pour cela que les députés du parti au pouvoir et des Frères musulmans ne protestent jamais." Et Djamal Al-Bana d'ajouter : "La femme qui croit que l'Islam c'est le hidjab et l'homme qui pense que la barbe c'est l'Islam portent tous deux atteinte à l'Islam. Ils font montre d'une très grande naïveté. Le port de la barbe était de mise à une époque ancienne ; la barbe de Karl Marx et de Darwin est la même que celle que l'on voit actuellement sur les chaînes satellitaires. Tous les hommes et toutes les femmes de l'univers recouvraient leurs têtes pour les protéger de la poussière, du vent ou de la pluie. C'est une question de mode vestimentaire et de climat et non pas une question de religion et de foi. Il n'y a pas dans le Coran un verset en rapport avec le vêtement en dehors de celui qui dit : "Qu'elles rabattent leurs voiles." Et c'est le verset qui fait référence au costume que portait la femme arabe dans la Djahilia. C'est-à-dire que ce n'est pas l'Islam qui l'a amené et qui l'a ordonné. Il était déjà là". De son côté, l'écrivain et scénariste Wahid Hamed rappelle que "lorsque le vicaire général des Frères musulmans avait dit "toz à l'Egypte et à ses habitants", personne n'a cillé. Que ce soit dans les rangs des frères ou à l'intérieur du Parlement qui a provoqué une tempête à cause des paroles d'un ministre qui est, par ailleurs, libre de dire ce qu'il veut. L'Egypte, ajoute-t-il, est aujourd'hui otage d'un scorpion, le parti national au pouvoir et d'une vipère, le mouvement des Frères musulmans. Toujours dans le même quotidien, notre confrère Ahmed Taha Nakr commence par cette anecdote : "Il y a une quarantaine d'années, il y avait dans notre village un voleur sympathique appelé Tarboucha. Il se considérait comme un homme de principes parce qu'il ne volait pas dans son propre village mais dans les contrées environnantes. Il opérait durant toute la nuit, au point qu'à l'appel de la prière de l'aube, il était le premier à entrer dans la mosquée. Et lorsque les villageois se moquaient de son attitude contradictoire, il leur répétait sa sempiternelle fetwa qui se résumait à ceci: accomplis l'obligation de la prière et fais ensuite ce que tu veux.". "Je me suis rappelé cette histoire en observant la religiosité ostentatoire que nous vivons et la "farce du hidjab" qui se joue dans notre honorable Parlement". "En fait, tous ces comportements sont une conséquence de l'offensive intégriste wahhabite sur l'Egypte", dit Ahmed Taha Nakr qui estime que l'affaire Hosni sert simplement d'écran de fumée à cette offensive. Pour lui, le ministre de la Culture a géré de façon catastrophique le patrimoine archéologique et culturel de l'Egypte. "Vient ensuite la "mère des catastrophes" lorsque le ministre de la Culture est revenu à son bureau non pas en hidjab mais avec un niqab. Elle sera de fait un tribunal de l'inquisition pour inspecter les esprits et les consciences. Elle constituera la première pierre angulaire dans la fondation de l'Etat islamique. Il ne restera plus alors qu'à constituer des groupes de "volontaires" qui bastonneront les jeunes filles pour les obliger à porter le niqab. C'est ainsi que le ministre qui n'aime pas le hidjab a adopté le niqab de son plein gré. Triste et sombre épilogue pour un ministre qui prétendait être un défenseur de la liberté". Alors, Farouk Hosni est-il le courageux ministre unanimement salué ou le prédateur que décrit notre confrère? A vous de juger ! A. H.
(1) Petite halte lexique : une "moutahadjiba", forme active, c'est quelqu'un qui croit que l'idée de porter le hidjab a germé dans sa tête et sans influences extérieures. Une "mouhadjaba", forme passive, croit, par contre, que le hidjab lui a été imposé pour son bien et que la soumission à Dieu passe par l'obéissance à l'homme.
(2) Djamal Al-Bana est le frère cadet de Hassan Al- Bana, fondateur du mouvement des Frères musulmans qui campe actuellement dans les allées du pouvoir en Egypte et ailleurs. C’est l’écrivain islamiste Fahmi Howeidi qui a dénoncé les faits dans un article publié par Al-Misri- Al-youm. Al-Ahram dont il est le chroniqueur attitré avait refusé de publier cet article. Cette dénonciation de la torture ne signifie pas forcément qu'il n'y a pas d'islamistes tortionnaires dans la police.
Ahmed Alli "Le soir d'Algérie "http://www.lesoirdalgerie.com/articles/2006/12/04/article.php?sid=46607&cid=8
Sous le voile, la sécurité nationale
Signe des temps, des étudiantes d'Assiout, en Haute- Egypte, ont manifesté vendredi dernier pour la défense du voile. L'objectif de cette manifestation, aux slogans inspirés, n'était pas tant d'affirmer la primauté du voile que de protester contre les déclarations de Farouk Hosni. Ce dernier avait défrayé la chronique, il y a une dizaine de jours, en se prononçant contre le port du hidjab.Si c'était là un ballon d'essai pour tester les réactions des Egyptiens, le résultat est concluant : le parti du hidjab est majoritaire sinon en voix du moins en décibels. Farouk Hosni, le sémillant ministre égyptien de la Culture, se courbe sous la tempête mais ne rompt pas pour l'instant. Son sort paraît être suspendu à une décision du président Moubarak. Lui seul a le pouvoir de maintenir ou de démettre un ministre. En attendant, le Parti national au pouvoir s'est retrouvé en phase avec le mouvement des Frères musulmans. Ce n'est pas seulement au palais Zirout-Youcef que les barbéfélènes" (1) prennent d'assaut les travées islamistes. Farouk Hosni a vu se détourner de lui ou se retourner contre lui la plupart des barons du régime. S'il y avait un prix du meilleur coup de poignard dans le dos, il irait sans conteste au président de la commission des affaires religieuses et sociales du Parlement. Le Dr Omar Hachem, c'est son nom, est membre du parti au pouvoir et ancien président de la mosquée-université Al-Azhar. Cette question (du hidjab) ne regarde pas seulement les femmes ou les institutions religieuses mais elle touche à la sécurité nationale" (!!!). Ainsi donc, en s'attaquant au hidjab, farouk Hosni a mis à nu une pièce maîtresse du système de sécurité égyptien. Au rythme de ces dérives vers l'absurde, ce morceau de tissu relèvera bientôt du secret défense. Ces propos ont fait réagir notre confrère Sammy Buhairi, député au Parlement de Bahreïn (2) et néanmoins chroniqueur au magazine Elaph. Dans un élan sarcastique, il énumère tous les problèmes graves que connaît l'Egypte et qui sont relégués à l'arrière-plan par le hidjab, "problème de sécurité nationale numéro un". Citons quelques-uns : - Des millions de jeunes chômeurs en Egypte, ce n'est pas une question de sécurité nationale, le hidjab est plus important. - La menace israélienne d'attaquer l'Egypte pour stopper l'acheminement d'armes vers Ghaza ne relève pas de la sécurité nationale, le hidjab est plus important. - L'existence de cellules terroristes dans le désert du Sinaï n'est pas un problème de sécurité nationale, le hidjab c'est plus important. - La disparition des réserves de pétrole dans 15 ans sans autres énergies de substitution est une question qui ne touche pas à la sécurité nationale. Le hidjab est plus important. "Aucune voix ne doit surpasser celle du hidjab", note Sammy Buhairi à l'issue de cette longue énumération des plaies de l'Egypte. S'adressant à Farouk Hosni, il lui exprime son admiration pour son courage. "Malheureusement, lui dit-il, tu nages contre un courant global et impétueux qui considère le hidjab comme un problème de sécurité nationale. C'est un courant qui nous invente des religions autres que celles qu'on nous a enseignées. Il semble qu'ils nous aient menti à l'école en nous apprenant que l'Islam était basé sur cinq piliers : la Shahada (profession de foi), la prière, la zakat (aumône), le jeûne du Ramadhan, le hadj (pèlerinage). Il apparaît que le sixième pilier, le hidjab, a sauté par inadvertance à une époque mais il revient aujourd'hui avec force. Et pourquoi pas ? Puisqu'il "touche à la sécurité nationale". Dans le même sillage, l'Egyptien Khaled Mountassar s'indigne des attaques menées contre Farouk Hosni et qui relèvent selon lui du lynchage. "Cette mise à mort morale illustre parfaitement le danger qui plane sur l'Etat moderne dans lequel le climat d'hystérie est tel qu'on ne distingue plus le nationaliste du frère musulman. Tout le monde a lâché le ministre (de la Culture), même le journal Al-Kahira, réputé proche de Son Excellence (le président Moubarak) n'a pas écrit une seule ligne sur l'affaire. Comme si le ministre était un simple commis au centre culturel de Micronésie". D'entrée, Khaled Mountassar porte le fer dans la plaie : il se demande s'il ne faut pas juger le khalife Omar comme on est en train de juger Farouk Hosni et il argumente : "Si, comme vous le dites, le hidjab a été imposé comme devoir religieux pour propager la vertu et proscrire la discorde (fitna), et si son objectif est de protéger la pudeur, pourquoi le khalife Omar Ibn Al-Khattab a-t-il interdit aux esclaves et aux servantes de porter le hidjab? " Pour étayer son propos, Khaled Mountassar cite un fait rapporté par plusieurs chroniqueurs : lorsqu'il se promenait dans la ville et qu'il rencontrait une esclave portant le hidjab, le khalife Omar l'obligeait à le retirer en s'aidant de son célèbre nerf de boeuf. Il leur interdisait de vouloir ressembler ainsi aux femmes libres. On raconte aussi que les servantes du khalife Omar vaquaient à leurs occupations la tête nue. "Si le hidjab a été imposé par respect pour la pudeur, pourquoi en priver une pauvre servante ? interroge notre confrère. Manque-t-elle à ce point de dignité et peut-on tout se permettre avec elle ? Vous dites que le hidjab est un élément de pudeur et de piété et qu'il empêche les débauchés de s'attaquer aux femmes ; pourquoi en privez-vous alors les esclaves et les servantes, même lorsqu'elles sont pudiques et pieuses ? Ou bien considérez-vous que tout est permis avec elles, qu'elles n'ont pas d'honneur et qu'elles sont infra-humaines ?" Comme pour nous faire échapper à ce débat d'un autre âge, Khaled Mountassar nous propose la lecture d'un livre qui vient de paraître en Egypte et qui traite des 100 plus célèbres rumeurs propagées dans le pays. Ce livre est l'œuvre d'un jeune journaliste qui considère appartenir à une génération qui voue à la fois de l'amour et de la haine pour son propre pays. On apprend donc que l'Egypte est le seul pays où ce sont les morts qui font vivre les vivants (ce sont les pharaons, bien entendu). C'est seulement en Egypte que vous trouvez un quartier entier qui s'alimente de façon frauduleuse à l'électricité (3). Un ministre qui "cancérise" le peuple puis se présente aux élections sous l'étiquette du parti au pouvoir, c'est en Egypte aussi. On ne colle les affiches que là où il y a un panneau "défense d'afficher ". L'Egypte est le seul pays au monde où vous verrez un homme grand et fort s'arrêter sous un pont, tournant le dos à la rue et faisant ce que font les autres (4). Quant aux rumeurs, elles vont du réalisme au surnaturel. Parmi les plus courues, on trouve celle de l'acteur Salah Kabil retrouvé hors de son tombeau. Il y a aussi l'histoire de cette jeune fille "impudique" (qui ne porte pas le hidjab) et qui est morte carbonisée dans un microbus parce qu'elle raillait la tenue "engagée". Comme on le voit, nous n'avons pas trop à envier à l'Egypte. Excepté Farouk Hosni, de grands écrivains et intellectuels et des capacités de résistance que nous n'avons plus. A. H.
(1) Je dois rappeler sans doute que l'expression est de notre excellent confrère et ami Mohamed Hamdi, que Dieu lui prodigue santé et longévité.
(2) J'espère, au passage, qu'il a été réélu aux législatives qui se sont déroulées samedi dernier dans l'émirat.
(3) C'est aussi l'argument qu'utilise Sonelgaz pour justifier les pannes fréquentes dans mon quartier. Il y a des gens qui volent de l'électricité. J'ai essayé de vérifier : impossible de voler le moindre kilowatt dans cet îlot. A moins que mes voisins du cimetière…
(4) Chez nous, ils sont petits, maigres, vindicatifs et ils font ça dans les cages d'escalier.
Ahmed Alli "Le soir d'Algérie"http://www.lesoirdalgerie.com/articles/2006/11/27/article.php?sid=46312&cid=8
(1) Je dois rappeler sans doute que l'expression est de notre excellent confrère et ami Mohamed Hamdi, que Dieu lui prodigue santé et longévité.
(2) J'espère, au passage, qu'il a été réélu aux législatives qui se sont déroulées samedi dernier dans l'émirat.
(3) C'est aussi l'argument qu'utilise Sonelgaz pour justifier les pannes fréquentes dans mon quartier. Il y a des gens qui volent de l'électricité. J'ai essayé de vérifier : impossible de voler le moindre kilowatt dans cet îlot. A moins que mes voisins du cimetière…
(4) Chez nous, ils sont petits, maigres, vindicatifs et ils font ça dans les cages d'escalier.
Ahmed Alli "Le soir d'Algérie"http://www.lesoirdalgerie.com/articles/2006/11/27/article.php?sid=46312&cid=8
Restez couvert, Monsieur le Ministre !
Farouk Hosni est depuis près de vingt ans l'inamovible ministre de la Culture de l'Egypte. Quoique servant de paravent bon chic bon genre à un régime autoritaire et répressif, Farouk Hosni est (était) un ami des arts et des lettres respecté. C'est un peu grâce à lui que les créateurs égyptiens les plus hardis ont pu s'exprimer, aussi bien en littérature qu'au cinéma. Homme de culture reconnu aussi bien dans son pays qu'à l'étranger, Farouk Hosni est sans doute le seul ministre de Moubarak à avoir échappé au désastre collectif.Pourtant, en septembre 2005, il a failli être emporté par les retombées de l'incendie d'un théâtre à Beni-Souif. Le théâtre de la ville avait accidentellement brûlé, lors d'une représentation. Une quarantaine de personnes, parmi lesquelles des comédiens et des critiques, avaient trouvé la mort dans l'incendie. Après le drame qui avait soulevé un grand émoi dans le pays, la responsabilité de Farouk Hosni avait été mise en cause. Des intellectuels progressistes comme l'écrivain Djamal Ghitani avaient dénoncé sa gestion et demandé qu'il soit démis de ses fonctions. Il avait alors préféré démissionner plutôt que de continuer à subir des attaques injustifiées à cause d'un accident imprévisible. Moubarak avait cependant refusé de se séparer de sa caution intellectuelle et Farouk Hosni avait été maintenu à son poste. Cette fois-ci les choses risquent de tourner autrement. Farouk Hosni s'est attaqué la semaine dernière à un morceau de tissu érigé en totem, le hidjab. Dans une déclaration au quotidien Al-Masri Al-Youmdu jeudi 16 novembre, Farouk Hosni a osé ce qu’aucun ministre du Machrek ou du Maghreb n'a pu seulement imaginer. Il s'est attaqué au sacro-saint hidjab affirmant qu'il représentait "un retour en arrière, une régression". "On ne doit pas cacher une chevelure de femme belle comme une rose, a-t-il dit avant de noter que "la religion, aujourd'hui, est réduite aux signes extérieurs alors que la relation de foi entre Dieu et sa créature n'a rien à voir avec l'habit". "La pudeur de la femme est une question de conviction interne, elle ne réside pas dans son apparence extérieure, a ajouté Farouk Hosni. Il faut que l'Egypte redevienne belle comme elle l'était et qu'elle cesse d'imiter les Arabes qui considéraient, à une certaine époque, l'Egypte comme une partie de l'Europe". Et d'ajouter : "Nous avons vécu avec nos mères qui nous ont élevés et éduqués tout en allant à l'université ou au travail sans hidjab. Pourquoi revenons-nous aujourd'hui en arrière? Des crimes se commettent aujourd'hui au nom du hidjab et du niqab. Le monde va de l'avant et nous ne progresserons pas tant que nous continuerons à penser de façon rétrograde et à aller écouter des fetwas de cheikhs à "trois millimes". Nous avons même perdu ces voix mélodieuses qui appelaient à la prière dans les mosquées. Nous entendons aujourd'hui des voix qui sont parmi les plus horribles qui soient". Farouk Hosni a, d'autre part, rappelé que lors de sa visite récente au Qatar et à Bahreïn, il a pu noter que les Etats arabes faisaient des progrès en matière d'organisation, de propreté. "Même les femmes commencent à découvrir leurs visages, alors que nous revenons en arrière et que nous les dissimulons. Un Etat comme Singapour commence à rivaliser avec la Chine et avec l'Inde. Cet Etat n'a pourtant que cent ans d'existence. Pendant ce temps, nous restons sur place bien que nous ayons une civilisation qui remonte à cinq mille ans". Farouk Hosni a, enfin, enfoncé le clou en affirmant que le ministère de la Culture et ses représentants devaient être le rempart principal contre la propagation de ces idées. Immédiatement, les "trompettes de Jéricho" de l'establishment islamiste ont résonné sous les murs du ministère de la Culture. La meute, emmenée par la chaîne qatarie Al-Jazira s'est déchaînée contre Farouk Hosni. La télévision satellitaire a interrogé les "bons" clients de la rue égyptienne, huit hommes et une femme en hidjab, l'égalité parfaite. Tous ont chanté la vertu irremplaçable du hidjab. Dans toute la ville du Caire, les caméras de la chaîne n'ont pas trouvé un seul "échantillon" populaire pour soutenir Farouk Hosni. Des voix se sont fait entendre au Parlement et chez les Frères musulmans pour dénoncer cette atteinte intolérable au dogme proclamé. L'un des porte-voix de la mouvance islamiste a déclaré que le ministre de la Culture devait démissionner puisqu'il s'oppose au voile que portent la majorité des Egyptiennes. Jusqu'ici, Farouk Hosni n'a pas exprimé son intention de démissionner mais s'est dit prêt à se soumettre à un vote de confiance du Parlement. Devant la virulence des réactions, il a cependant tempéré ses propos en précisant qu'il respectait les femmes voilées. Il a donné pour preuve le fait que de nombreuses femmes en hidjab étaient employées dans son ministère et étaient traitées sur un pied d'égalité avec les autres. Celui qui risque d'être d'un moment à l'autre, un ex-ministre de la Culture a fait un nouveau pas en arrière. Il n'a fait qu'exprimer son opinion personnelle et il n'a pas fait de commentaire sur le caractère religieux ou non du hidjab. Cette fois-ci Farouk Hosni n'affronte pas une mobilisation d'intellectuels indignés par l'incendie meurtrier d'un théâtre. Il a affaire à une oligarchie qui resserre sa mainmise sur la société et n'entend pas rouvrir des portes scellées à jamais. Toutefois, les partisans de Farouk Hosni persistent et signent. Les propos de Hosni sur le voile "sont une preuve de courage", affirme l'écrivaine Iqbal Baraka, farouche opposante au hidjab. "Il a le droit d'exprimer son opinion et nul n'a le droit de l'attaquer pour cette raison, dit-elle. Le hidjab est un retour à l'obscurantisme et un signe d'arriération intellectuelle", a-t-elle ajouté. De son côté, l'écrivain Youssef Al-Qa'id exprime la même opinion et se dit en plein accord avec les propose du ministre égyptien de la Culture. "Le hidjab est une graine plantée par le défunt président Anouar Sadate dans les années soixante-dix du siècle dernier, selon Al-Qa'id. Le danger n'est pas dans le bout de tissu qu'est le hidjab mais dans le voile mental que s'imposent certaines femmes aujourd'hui. Le hidjab est sur le point de diviser la société en deux de sorte que la femme qui ne le porte pas est considérée comme chrétienne jusqu'à preuve du contraire. Et Youssef Al-Qa'id de citer en exemple le cas de sa propre fille qui ne porte pas le voile et qui est souvent en butte à des questions sur sa religion. "Les canons de l'Islam sont au nombre de cinq et le hidjab n'y figure pas. Il a été imposé aux épouses du Prophète et aux croyantes afin que les mécréants ne les reconnaissent pas", souligne encore l'écrivain. Même ton chez Oussama Anour Okacha : "L'Egypte vivait depuis la conquête musulmane un Islam modéré et tolérant jusqu'à ce qu'à son invasion par les mouvances "djihadistes" et leurs tentatives de "wahhabiser" la culture égyptienne et d'en effacer les repères." Pour sa part, le penseur Djamal Al- Bana se dit étonné par l'agitation créée autour des déclarations de farouk Hosni. Il critique vertement ceux qui défendent le hidjab les accusant de vouloir "emprisonner l'Islam dans le hidjab et de confiner la religion dans un mètre carré de tissu". C'est sans doute à cause de ce mètre carré de tissu que l'Egypte risque de perdre un bon ministre de la Culture. S'il réussit à s'en sortir, Farouk Hosni devra réapprendre les règles de longévité dans un gouvernement arabe d'aujourd'hui. Pour durer, un ministre doit sortir couvert, c'est-à-dire arborer la calotte du bon pratiquant et porter le bâillon invisible qui va avec.A. H.
Ahmed Alli "Le soir d'Algérie" http://www.lesoirdalgerie.com/articles/2006/11/20/article.php?sid=45991&cid=8
Ahmed Alli "Le soir d'Algérie" http://www.lesoirdalgerie.com/articles/2006/11/20/article.php?sid=45991&cid=8
Croyances et superstitions libanaises
Ce n'est pas le moindre des paradoxes de ce royaume: l'Arabie saoudite qui vient de produire son premier long métrage de fiction ne possède aucune salle de cinéma (1). Conséquence de ceci: la "première" du film Comment ça va?, a eu lieu à Dubaï, l'Emirat voisin, jeudi dernier. Le film qui se veut être un regard critique sur la société saoudienne, est produit par la société Rotana.
Cette entreprise de production audiovisuelle a sous sa coupe les plus grands noms de la chanson arabe dont elle diffuse les clips sur son réseau TV. Rotana appartient au prince milliardaire saoudien Walid Ibn Tallal qui symbolise le Wahhabisme à visage humain. Il incarne pour l'Occident et pour nombre de ses concitoyens la volonté d'ouverture de la monarchie saoudienne. Le film Comment ça va? raconte l'histoire d'un jeune chômeur saoudien qui essaie de s'en sortir en créant une salle de théâtre d'essai dans un des quartiers de Ryadh. Il affronte, de ce fait, l'opposition acharnée d'une autorité religieuse influente qui veut empêcher la réalisation du projet. Le principal argument utilisé contre le jeune homme est celui de propager la dépravation des mœurs. Le correspondant du magazine Elaph à Dubaï, note que le film Comment ça va? a été réalisé pour dire que "rien ne va". C'est une pierre jetée dans le jardin saoudien par le "Prince faiseur de tempêtes", comme le surnomment les médias du Golfe. Ceci dit, le film ne casse pas trop de cloisons. S'il pose le problème de la conduite d'une voiture automobile par les femmes, c'est en termes supplétifs. La femme au volant devient une nécessité au cas où le chef de famille (le mari?) serait indisponible. Cependant, l'intérêt de cette projection hors normes est de ramener au premier plan un Emirat comme celui de Dubaï qui constitue une véritable source d'oxygène pour la jeunesse saoudienne. La majorité des spectateurs de la "première" de ce film est venue d'ailleurs que d'Arabie saoudite. Dans la file d'attente aux caisses, on a pu remarquer des saoudiennes, avec leur "Abaya" noire mais le visage découvert. L'une d'elles a exprimé de voir les mêmes gestes se reproduire un jour devant un cinéma à Ryadh. Récemment, le ministre saoudien de la Culture et de l'Information, Iyad Madani, a éludé la question de l'ouverture de salles de cinéma dans le royaume."Le problème est, jusqu'ici, entre les mains de la société saoudienne", a-t-il dit. Ce qui renvoie aux calendes grecques la création éventuelle de salles de cinéma dans les villes du royaume. Pour l'heure, ils sont cinquante sept mille Saoudiens à passer leurs week-ends dans l'Emirat pour y voir des films ou pour d'autres distractions, selon notre confrère et ils y dépensent quelque 22 millions de dollars par séjour. Sans parler des milliers d'autres "touristes" qui se rendent quotidiennement à Bahreïn par le fameux "Pont de l'unité". En attendant, le rigorisme et l'intransigeance wahhabites se propagent comme une traînée de poudre et ils drainent avec eux la superstition et la croyance en l'existence de forces invisibles. Cette maladie s'est propagée jusqu'au Liban, réputé être la place forte de la rationalité et du réalisme, selon le quotidien Al-Hayat de Londres. Cet état d'esprit explique le succès remporté à la télévision par le voyant Michel Hayek. Ce dernier avait prédit un incident entre les éléments allemands de la force de paix et des soldats israéliens au Sud Liban. Cet incident a eu lieu effectivement et, du coup, la cote de Michel Hayek est montée en flèche. Les Libanais tentent, depuis, d'expliquer le moindre évènement à la lumière des prédications du voyant extra lucide. Ce phénomène favorisé par la télévision n'est pas le seul témoignage de la nouvelle attraction des phénomènes occultes sur la société libanaise, constate Al-Hayat. La vogue de la voyance et des consultations astrologiques est telle que les Libanais se plaignent ouvertement de la hausse de tarifs. Cette tendance a commencé, en fait, avec l'agression israélienne contre le Liban, l'été dernier. A ce moment-là, s'est propagée la rumeur selon laquelle les combattants du "Hezbollah" possédaient des coiffes magiques. Dès qu'ils les mettaient sur leurs têtes, ils ne ressentaient plus ni fatigue ni surmenage. De plus, le combattant qui commettait une erreur dans l'orientation du tir d'une fusée voyait soudain une main invisible corriger le tir et envoyer la fusée dans la bonne direction. Ces croyances absurdes sont également dénoncées par notre confrère Saïd Al-Hamd du quotidien de Bahreïn Al- Ayam. Il se souvient d'une époque où des jeunes des Emirats étaient endoctrinés dans des régions désertiques par des théologiens mêlant adroitement religion et sornettes. Ils envoyaient ces jeunes à la mort en leur racontant des histoires sur les "moudjahidine" afghans qui pouvaient détruire des chars par la seule puissance de leur regard ou par la prière. Notre confrère s'insurge donc cette semaine contre la course aux prédictions et aux explications des rêves qui s'est emparée des télévisions satellitaires arabes. Celles-ci utilisent pour se dédouaner aux yeux de l'opinion des théologiens et des prédicateurs connus. Ils assurent ainsi à la chaîne une couverture religieuse commode et surtout des bénéfices substantiels. Ces émissions sont submergées d'appels téléphoniques qui représentent autant de sources d'argent. Des pratiques comme l'exorcisme des démons et du mauvais œil ainsi que l'explication des rêves sont devenues une des caractéristiques de nos sociétés, déplore Saad Al-Hamd. Une génération entière est sous l'emprise de ces idées, au point que des universitaires ont été contaminés. L'explication des rêves et la dissertation sur les phénomènes invisibles sont devenues le principal sujet de conversation. Ce qui fait empirer les choses, c'est que des professeurs de nos universités sont devenus les principaux vecteurs de ces croyances aux miracles et aux mondes invisibles. De plus, note encore le journaliste bahreïni, des organisations religieuses n'hésitent pas à recourir à des pratiques frauduleuses. L'une d'elles a publié récemment dans la presse koweitienne des placards annonçant la guérison miraculeuse (2) de "Nacer le Srilankais" qui était atteint d'un cancer. Le placard publicitaire de cette association religieuse proclame que le malade a été contacté par l'un de ses prédicateurs qui lui a fait don de textes religieux. Le Sri Lankais a vaincu le cancer et a retrouvé force et santé après avoir lu les documents contenus dans son paquet-cadeau. A l'époque de l'"Infitah" en Egypte, les journaux locaux faisaient régulièrement état de l'invention d'un remède contre le cancer par un chercheur ou un savant égyptien. Aujourd'hui, nous avons surpassé les Egyptiens puisque nous serions détenteurs du remède radical contre le cancer. C'est le quotidien Echourouq qui nous annonce en exclusivité la nouvelle par le biais de l'information que voici: une équipe de la chaîne saoudienne "Iqr'a" est dans nos murs depuis peu. Cette équipe doit réaliser un reportage sur une chercheuse algérienne qui guérit le cancer avec une décoction de plantes. La chaîne qui s'est octroyé le premier mot de la révélation, "Lis!", a déjà consacré un sujet à la question mais compte revenir plus longuement sur le sujet, précise le quotidien préféré des Algériens. Il y a quelques jours à peine, nous avons convoqué des sommités médicales internationales pour un séminaire sur le cancer, justement. Pourquoi chercher un remède que nous possédons déjà? Vous avez dit charlatans…?A.H
(1) Nous sommes de bons élèves puisque nos cinémas disparaissent les uns après les autres.
(2) La chaîne "Al-Haqiqa" publie régulièrement des témoignages de ces miraculés.
Ahmed Alli "Le soir d'Algérie" http://www.lesoirdalgerie.com/articles/2006/11/13/article.php?sid=45670&cid=8
Cette entreprise de production audiovisuelle a sous sa coupe les plus grands noms de la chanson arabe dont elle diffuse les clips sur son réseau TV. Rotana appartient au prince milliardaire saoudien Walid Ibn Tallal qui symbolise le Wahhabisme à visage humain. Il incarne pour l'Occident et pour nombre de ses concitoyens la volonté d'ouverture de la monarchie saoudienne. Le film Comment ça va? raconte l'histoire d'un jeune chômeur saoudien qui essaie de s'en sortir en créant une salle de théâtre d'essai dans un des quartiers de Ryadh. Il affronte, de ce fait, l'opposition acharnée d'une autorité religieuse influente qui veut empêcher la réalisation du projet. Le principal argument utilisé contre le jeune homme est celui de propager la dépravation des mœurs. Le correspondant du magazine Elaph à Dubaï, note que le film Comment ça va? a été réalisé pour dire que "rien ne va". C'est une pierre jetée dans le jardin saoudien par le "Prince faiseur de tempêtes", comme le surnomment les médias du Golfe. Ceci dit, le film ne casse pas trop de cloisons. S'il pose le problème de la conduite d'une voiture automobile par les femmes, c'est en termes supplétifs. La femme au volant devient une nécessité au cas où le chef de famille (le mari?) serait indisponible. Cependant, l'intérêt de cette projection hors normes est de ramener au premier plan un Emirat comme celui de Dubaï qui constitue une véritable source d'oxygène pour la jeunesse saoudienne. La majorité des spectateurs de la "première" de ce film est venue d'ailleurs que d'Arabie saoudite. Dans la file d'attente aux caisses, on a pu remarquer des saoudiennes, avec leur "Abaya" noire mais le visage découvert. L'une d'elles a exprimé de voir les mêmes gestes se reproduire un jour devant un cinéma à Ryadh. Récemment, le ministre saoudien de la Culture et de l'Information, Iyad Madani, a éludé la question de l'ouverture de salles de cinéma dans le royaume."Le problème est, jusqu'ici, entre les mains de la société saoudienne", a-t-il dit. Ce qui renvoie aux calendes grecques la création éventuelle de salles de cinéma dans les villes du royaume. Pour l'heure, ils sont cinquante sept mille Saoudiens à passer leurs week-ends dans l'Emirat pour y voir des films ou pour d'autres distractions, selon notre confrère et ils y dépensent quelque 22 millions de dollars par séjour. Sans parler des milliers d'autres "touristes" qui se rendent quotidiennement à Bahreïn par le fameux "Pont de l'unité". En attendant, le rigorisme et l'intransigeance wahhabites se propagent comme une traînée de poudre et ils drainent avec eux la superstition et la croyance en l'existence de forces invisibles. Cette maladie s'est propagée jusqu'au Liban, réputé être la place forte de la rationalité et du réalisme, selon le quotidien Al-Hayat de Londres. Cet état d'esprit explique le succès remporté à la télévision par le voyant Michel Hayek. Ce dernier avait prédit un incident entre les éléments allemands de la force de paix et des soldats israéliens au Sud Liban. Cet incident a eu lieu effectivement et, du coup, la cote de Michel Hayek est montée en flèche. Les Libanais tentent, depuis, d'expliquer le moindre évènement à la lumière des prédications du voyant extra lucide. Ce phénomène favorisé par la télévision n'est pas le seul témoignage de la nouvelle attraction des phénomènes occultes sur la société libanaise, constate Al-Hayat. La vogue de la voyance et des consultations astrologiques est telle que les Libanais se plaignent ouvertement de la hausse de tarifs. Cette tendance a commencé, en fait, avec l'agression israélienne contre le Liban, l'été dernier. A ce moment-là, s'est propagée la rumeur selon laquelle les combattants du "Hezbollah" possédaient des coiffes magiques. Dès qu'ils les mettaient sur leurs têtes, ils ne ressentaient plus ni fatigue ni surmenage. De plus, le combattant qui commettait une erreur dans l'orientation du tir d'une fusée voyait soudain une main invisible corriger le tir et envoyer la fusée dans la bonne direction. Ces croyances absurdes sont également dénoncées par notre confrère Saïd Al-Hamd du quotidien de Bahreïn Al- Ayam. Il se souvient d'une époque où des jeunes des Emirats étaient endoctrinés dans des régions désertiques par des théologiens mêlant adroitement religion et sornettes. Ils envoyaient ces jeunes à la mort en leur racontant des histoires sur les "moudjahidine" afghans qui pouvaient détruire des chars par la seule puissance de leur regard ou par la prière. Notre confrère s'insurge donc cette semaine contre la course aux prédictions et aux explications des rêves qui s'est emparée des télévisions satellitaires arabes. Celles-ci utilisent pour se dédouaner aux yeux de l'opinion des théologiens et des prédicateurs connus. Ils assurent ainsi à la chaîne une couverture religieuse commode et surtout des bénéfices substantiels. Ces émissions sont submergées d'appels téléphoniques qui représentent autant de sources d'argent. Des pratiques comme l'exorcisme des démons et du mauvais œil ainsi que l'explication des rêves sont devenues une des caractéristiques de nos sociétés, déplore Saad Al-Hamd. Une génération entière est sous l'emprise de ces idées, au point que des universitaires ont été contaminés. L'explication des rêves et la dissertation sur les phénomènes invisibles sont devenues le principal sujet de conversation. Ce qui fait empirer les choses, c'est que des professeurs de nos universités sont devenus les principaux vecteurs de ces croyances aux miracles et aux mondes invisibles. De plus, note encore le journaliste bahreïni, des organisations religieuses n'hésitent pas à recourir à des pratiques frauduleuses. L'une d'elles a publié récemment dans la presse koweitienne des placards annonçant la guérison miraculeuse (2) de "Nacer le Srilankais" qui était atteint d'un cancer. Le placard publicitaire de cette association religieuse proclame que le malade a été contacté par l'un de ses prédicateurs qui lui a fait don de textes religieux. Le Sri Lankais a vaincu le cancer et a retrouvé force et santé après avoir lu les documents contenus dans son paquet-cadeau. A l'époque de l'"Infitah" en Egypte, les journaux locaux faisaient régulièrement état de l'invention d'un remède contre le cancer par un chercheur ou un savant égyptien. Aujourd'hui, nous avons surpassé les Egyptiens puisque nous serions détenteurs du remède radical contre le cancer. C'est le quotidien Echourouq qui nous annonce en exclusivité la nouvelle par le biais de l'information que voici: une équipe de la chaîne saoudienne "Iqr'a" est dans nos murs depuis peu. Cette équipe doit réaliser un reportage sur une chercheuse algérienne qui guérit le cancer avec une décoction de plantes. La chaîne qui s'est octroyé le premier mot de la révélation, "Lis!", a déjà consacré un sujet à la question mais compte revenir plus longuement sur le sujet, précise le quotidien préféré des Algériens. Il y a quelques jours à peine, nous avons convoqué des sommités médicales internationales pour un séminaire sur le cancer, justement. Pourquoi chercher un remède que nous possédons déjà? Vous avez dit charlatans…?A.H
(1) Nous sommes de bons élèves puisque nos cinémas disparaissent les uns après les autres.
(2) La chaîne "Al-Haqiqa" publie régulièrement des témoignages de ces miraculés.
Ahmed Alli "Le soir d'Algérie" http://www.lesoirdalgerie.com/articles/2006/11/13/article.php?sid=45670&cid=8
Inscription à :
Articles (Atom)